Présentation

Cette 8e édition des Journées de la Proximité s’inscrit dans la continuité de l’effort entrepris par le Groupe de recherche « Dynamiques de proximité » depuis le début des années 1990 pour conceptualiser les logiques de coordination des activités économiques au sein de dynamiques territoriales multi-échelles. Dans cette perspective, les « proximités » dépassent les seules dimensions spatiales de localisation des activités pour se focaliser sur les logiques organisationnelles et institutionnelles qui caractérisent les relations entre acteurs économiques (mais également académiques, institutionnels, sociaux…) au sein des, et entre les territoires. Cette 8ème édition poursuit également l’investigation des thématiques récurrentes des Journées, notamment autour des dynamiques de proximité à l’œuvre dans les domaines de l’innovation et de la créativité, de la durabilité et du développement des territoires. Elle est enfin essentielle dans l’ambition réitérée de dialogue interdisciplinaire entre plusieurs champs importants des sciences sociales et humaines.

Parallèlement à ces axes, les 8èmes Journées de la Proximité mettent l’accent sur trois problématiques sans doute moins explorées jusqu’à présent. Tout d’abord, il s’agit d’approfondir le dialogue interdisciplinaire, en ouvrant davantage encore les analyses de proximité, au-delà des disciplines  initialement en dialogue étroit (l’économie industrielle et spatiale, la sociologie et la gestion) à l’aménagement et l’urbanisme, à la géographie, aux sciences politiques et aux sciences de l’environnement. Cela apparaît d’autant plus pertinent qu’un certain nombre d’approches de la proximité ont entamé l’analyse de la gestion de ressources naturelles (eau, foncier agricole, etc.), des coopérations ou conflits et plus généralement des systèmes d’acteurs dans la gestion environnementale des espaces. En l’occurrence, l’équipe de recherche qui accueille les 8èmes Journées (UMR CITERES) se caractérise par la pluridisciplinarité (des sciences humaines et sociales à l’écologie) et s’est spécialisée dans l’analyse des relations entre développement, aménagement et environnement.

Ensuite, en se focalisant de manière plus précise sur la question du passage de proximités « potentielles », latentes, à des « proximités actives », c’est-à-dire à la fois circonscrites, appropriées, opérationnalisées et valorisées par les acteurs au plan intra et interterritorial. à ce niveau, la nécessité d’ouvrir et d’organiser les échanges entre chercheurs et « acteurs de terrain » (de toute nature et à toutes les échelles) est décisive.  

Enfin, en réfléchissant ensemble sur une question capitale, longtemps restée en filigrane des travaux menés : la construction des proximités locales dans un monde global (ou à tout le moins plus ouvert) non seulement ne va pas de soi, mais implique surtout un changement de perspective que ni les chercheurs, ni les acteurs et décideurs de terrain n’ont encore pleinement investi. Dans le cas de la France, par exemple, mais de manière très symptomatique, la réalité d’un monde désormais plus ouvert (notamment au plan économique) n’a pas encore suffisamment pénétré les esprits alors même qu’elle impacte de nombreux territoires, en termes de pressions et menaces, mais aussi d’opportunités et de défis assumés. Certes, l’analyse des territoires est beaucoup plus complexe qu’une approche de nature essentiellement économique, même institutionnaliste, notamment parce que chaque territoire a une « épaisseur » intrinsèque liée à son histoire, sa culture, son paysage, ses aménités… Certes encore, tous les territoires ne subissent pas de la même manière ni avec la même intensité les effets de la mondialisation (combinés souvent à ceux des dynamiques de métropolisation). Mais, quelles que soient leur nature et leurs spécificités, l’évolution de la plupart des territoires est aujourd’hui inscrite dans un « jeu » dont les règles et les conséquences (en termes d’incertitudes, d’interdépendances, de capacité à préserver leur identité et leurs bases de développement…) leur échappent au moins en partie.

L’enjeu de la recherche et du dialogue autour des « dynamiques de proximité » dans un monde global est donc tout sauf sibyllin ; il est au cœur des défis territoriaux, sociétaux, environnementaux et organisationnels que nos économies et sociétés « locales » devront relever pour continuer à exister et se développer dans des espaces désormais plus perméables.

Capitalisant sur les nombreux acquis des recherches réalisées et des précédentes Journées, le colloque international organisé à Tours les 20, 21 et 22 mai 2015 a ainsi pour objectif d’approfondir la réflexion et les échanges sur ces enjeux et défis de la construction des proximités pour le développement socioéconomique, la durabilité et l’innovation (sous toutes ses formes) des « territoires dans la mondialisation ».

Cette orientation thématique se déclinera de plusieurs manières au sein des 8èmes Journées de la Proximité. Sur un plan général, en sollicitant des contributions qui, bien que s’inscrivant dans les thématiques récurrentes des Journées de la Proximité (processus d’innovation, réseaux, jeux d’acteurs, conflits d’usage, échelles territoriales, etc.), s’efforceront d’orienter leur réflexion dans le sens des pistes d’approfondissement/élargissement évoquées ci-dessus. Deuxièmement, en invitant l’organisation de sessions spéciales liées à des projets ou programmes de recherche entrant en « résonnance » avec la thématique de ces 8èmes Journées. Troisièmement en offrant l’opportunité dans les plénières à des chercheurs internationaux réputés de nous éclairer sur leurs « visions » des proximités à construire dans un monde global. Enfin, en organisant deux tables rondes autour des axes clés d’approfondissement identifiés, à savoir, d’une part, le dialogue interdisciplinaire (de nature potentiellement épistémologique) autour des approches conceptuelles, théoriques et méthodologiques des « proximités pensées » dans différents champs de la connaissance et, d’autre part, la confrontation entre ces « proximités pensées » et les « proximités vécues » (espérées ou au contraire « subies »). De ce point de vue, la « couleur » spécifique des Journées de la Proximité à Tours pourrait être le questionnement du rôle des politiques publiques et de l’espace dans la construction de la proximité.

Plusieurs axes de réflexion apparaissent particulièrement en phase avec la thématique générale des 8èmes Journées de la Proximité :

 La proximité comme politique et enjeu de débat local :

  • La proximité au miroir des différentes disciplines des Sciences Humaines et Sociales
  • Nouvelles politiques européennes et (re)construction des proximités régionales et locales
  • Régions et structures intercommunales en fusion : quelle réorganisation spatiale de l’action publique ?
  • Métropolisation, globalisation et nouvelles formes de proximité
  • Le rôle des villes petites et moyennes dans les dynamiques de proximité des acteurs de l’innovation et du développement local
  • Dynamiques d’acteurs et gouvernance territoriale multi-échelles
  • Réseaux globaux d’innovation et dynamiques régionales/locales de proximité
  • La firme, entre ancrage local et réseau global
  • Réseaux sociaux, proximités et dynamiques territoriales
  • Proximité, innovation sociale et résilience des territoires
  • Proximités, services, qualité de vie et attractivité des territoires
  • L’influence de la nature de l’espace sur les proximités et leur gestion
  • Circuits courts, économie circulaire et écologie urbaine
  • Energie et écologie industrielle dans l’espace urbain
  • Transports et modifications des proximités
  • Technologies numériques et recomposition des espaces
  • Etc.


Cette liste n’est pas exhaustive. Elle sera complétée dans l’appel à contributions définitif qui sera posté sur la page web des Journées courant septembre 2014. De même, un appel à sessions spéciales sera lancé.


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